Les Lauriers de la Colère (octobre 2017) – 404 pages – Format 15,2 cm x 22,9 cm – 24,50 euros – Éditions Moi Non Plus

 Acheter Les Lauriers de la Colère via Internet

 

Couverture du livre "Les Lauriers de la- Colère" - Éditions Moi Non PlusC’était sûr, c’était certain : 2016 serait son année, et le mardi 8 novembre sa journée, une journée au terme de laquelle un nouveau plafond de verre serait brisé, et où elle, « Hillary », elle serait la première femme présidente des États-Unis.

Et puis, finalement, non. Un cocktail corrosif en a décidé autrement. Ses ingrédients ? Des emails, de la colère, et des défectuosités personnelles. Sans oublier bien sûr, pour garder le tout en permanence agité, un adversaire aussi clivant qu’iconoclaste et tonitruant. Et ainsi Hillary Clinton a-t-elle perdu l’imperdable, et ainsi Donald Trump a-t-il gagné l’ingagnable.

Et donc, le peuple a parlé. Et en son sein, des mécontents, assez que pour déjouer les pronostics, et porter au pouvoir un improbable président. Ses pratiques sulfureuses, ses compétences douteuses, son programme explosif ? Anecdotiques. Ou peut-être pas. En tout cas, secondaires comparés au message qu’une part décisive des électeurs a voulu envoyer, celui d’un ras-le-bol total vis-à-vis d’une classe dirigeante qui, estiment-ils, les a abandonnés. Et si résumer le verdict du vote à cette exaspération serait réducteur (la fidélité inébranlable de l’électorat républicain à son représentant est au moins aussi cruciale), n’empêche, c’est bel et bien elle qui a fait basculer le scrutin.

Les Lauriers de la Colère revient sur les dix-huit mois de campagne qui ont mené Donald Trump à la Maison Blanche. Sa première partie relatera l’avancée de la situation aux moments-clefs de l’élection ainsi que les dynamiques qui l’ont fait basculer, tandis que la deuxième offrira un compte-rendu semaine après semaine des événements, et la troisième un aperçu du contexte dans lequel ils se déroulés. Quant à savoir si la colère populaire aura des conséquences aussi funestes que celle qui s’était emparée d’Achille sous les remparts de Troie … Premier bilan au plus tard dans quatre ans.

 

 

Extraits du livre Les Lauriers de la Colère

 

Section I, Chapitre 1 – Donald Trump ou la foire aux outsiders

 

(…) Passe l’été, arrive l’automne. Le soufflé ne retombe pas. Pire pour l’establishment (et pour son poulain Jeb Bush en particulier) : celui que les sondages annoncent comme le principal challenger de Trump n’est pas un politicien traditionnel, mais un autre néophyte complet, le docteur afro-américain Ben Carson, un neurochirurgien renommé qui, à la différence de Trump, n’est que calme, douceur et exquise urbanité, mais qui, comme Trump, n’a jamais exercé le moindre mandat électif, tient un discours populiste, et défend un programme qui laisse observateurs et éditorialistes perplexes.

Cette perplexité, la base du parti n’en a cure. Le message qu’elle envoie est clair : elle veut un outsider, quelqu’un de neuf, hors du système, qui entend sa colère, est prêt à secouer le cocotier et n’a pas peur de dénoncer le « politiquement correct », ce que font, chacun à leur manière, Trump et Carson, de même que le vindicatif sénateur du Texas Ted Cruz, lequel, depuis décembre, a supplanté Carson et se profile comme le principal rival de Trump, quoique à bonne distance dans les sondages. (…)

 

Section I, Chapitre 2 – Un match « à une » devenu match « à deux »

 

(…) Pour comprendre l’importance grandissante prise par cette thématique, il faut revenir six ans en arrière, lorsque, dans le cadre de l’affaire « Citizens United », la Cour suprême rend un arrêt supprimant toute limite de dons dans une campagne électorale et ouvre la voie à l’injection par les milieux industriels et financiers de montants faramineux jamais vus dans l’histoire politique.

Pour collecter ces sommes gigantesques, des comités spéciaux sont créés : les « Super PACs ». Tout candidat important se doit d’en avoir au moins un à son service. C’est le cas de Jeb Bush, le champion incontesté des levées de fonds. C’est aussi celui d’Hillary Clinton, qui n’est pas en reste. Mais pas celui de Sanders, lequel rejette toute idée de Super PAC et finance sa campagne à l’aide de petits dons octroyés par tout citoyen qui le veut bien. Ce choix symbolise le cœur de l’engagement de Sanders. Ce qu’il veut, ce qu’il défend, c’est une « révolution politique », qui en finira avec la domination des lobbies qui « achètent » les politiciens et « corrompent » le système sans tenir compte de l’intérêt du peuple. Dans sa ligne de mire : Wall Street. Le discours est fort (« Le business model de Wall Street, c’est la fraude ! », « Ce n’est pas le Congrès qui régule Wall Street, c’est Wall Street qui régule le Congrès ») et il résonne, entre autres chez les jeunes, que cet homme au look de vieux tonton colérique et vitupérant séduit de plus en plus. Les jeunes donc. Et d’autres aussi, de plus en plus nombreux. A la fin de l’été, il est évident qu’une dynamique « Sanders » est enclenchée.

 

Section I, Chapitre 3 – La résistible ascension de Mister Trump

 

(…) Malgré ces succès de Trump, la perspective d’une convention négociée n’est toujours pas écartée chez les républicains, d’autant que, dans le mois qui suit, marqué par cinq scrutins, Cruz effectue un quasi-carton plein : Utah, Dakota du Nord, Wisconsin et Colorado sont pour lui, tandis que Trump ne gagne que l’Arizona. Une fois encore, Cruz a tiré profit de la formule des caucus fermés, maîtrisant à la perfection leurs subtilités et le processus de sélection des délégués, quitte à recourir à des méthodes peu reluisantes pour arriver à ses fins.

Furieux, Trump enrage, parle « d’un système truqué, d’une escroquerie », prédit des émeutes si le candidat premier au nombre de délégués n’est pas investi, et menace de quitter le parti pour concourir en tant qu’indépendant. Parallèlement, il remanie son équipe et fait appel à Paul Manafort, un vétéran des primaires républicaines, qui joua un rôle actif dans le succès de Ford en 1976, puis dans ceux de Reagan en 1980 et de Bush Senior en 1988, et dont l’expérience et l’influence pourraient s’avérer cruciales en cas de convention négociée.

 

Section III, Chapitre 3 – Who’s Who : Debbie Wasserman Schultz

 

Née à New York en 1966 (50 ans en 2016), Debbie Wasserman Schultz est représentante de Floride à la Chambre depuis 2005. A partir de 2011, elle est aussi présidente du Comité national démocrate (DNC), ce qui l’amène à organiser les primaires de ce parti en 2016.

Au cours de la campagne, Debbie Wasserman est la cible de critiques de la part de Sanders et O’Malley, ceux-ci lui reprochant d’avoir organisé trop peu de débats télévisés et, qui plus est, de les avoir programmés lors de jours à faible audience, cela, d’après eux, dans le but de favoriser Clinton, pour éviter qu’elle ne soit trop exposée aux attaques de ses rivaux et empêcher ceux-ci de trop gagner en notoriété. Les accusations de favoritisme en faveur de Clinton (que Wasserman a soutenue en 2008, faisant même partie de son équipe de campagne) se font de plus en plus pressantes de la part de Sanders à mesure que les primaires avancent, notamment lors du fiasco du scrutin organisé en Arizona. Et lorsque, en juillet 2016, vient le temps de la négociation entre Clinton et Sanders pour obtenir le ralliement officiel du sénateur du Vermont, l’une des conditions mises sur la table par l’intéressé est la démission de Debbie Wasserman Schultz. Un autre fait, complètement inattendu, va toutefois précipiter la chute de celle-ci : le DNC-Leaks, c.-à-d. la publication par WikiLeaks d’emails confirmant le parti pris de la présidente du DNC en faveur de Clinton, ainsi que sa volonté de saper la campagne de Sanders. Cette fois, la coupe est pleine et Debbie Wasserman Schultz doit démissionner.

 

Section III, Chapitre 5 – Autres thèmes et sujets divers : l’avortement aux États-Unis

 

La question de l’avortement demeure un sujet très controversé aux États-Unis. Longtemps il a été, suivant les États, soit illégal, soit strictement encadré (par exemple dans des cas d’inceste, viol ou danger pour la mère). Cependant, en 1973, un arrêt de la Cour suprême (le célèbre « Roe v. Wade ») annule toutes les lois précédentes au motif du droit à la vie privée d’une femme. L’avortement devient autorisé pendant au moins les douze premières semaines de gestation, chaque État pouvant légiférer comme il l’entend pour les interruptions de grossesse plus tardives. Depuis, la lutte n’a plus cessé entre les pro-life (pro-vie, opposés à l’avortement) et les pro-choice (favorables à la liberté des femmes de décider ce qu’elles veulent). Cette lutte se déroule à tous les niveaux, c.-à-d. :

  • législatif (la Cour suprême est régulièrement amenée à se prononcer sur des cas tentant de revenir – parfois avec succès – sur des dispositions de Roe v. Wade)
  • administratif (certains États adoptent des législations très contraignantes pour empêcher l’ouverture ou le maintien de centres IVG)
  • financier (une disposition légale a été adoptée en 1976 pour interdire l’utilisation de certains fonds fédéraux pour financer l’avortement, sauf viol, inceste ou danger pour la mère)
  • médiatique (gagner l’opinion publique à sa cause)
  • politique (trois shutdowns eurent lieu en 1977 suite à ce sujet, et d’autres furent évités de peu en 2011 et 2015)
  • criminel (l’assassinat de médecins pratiquant l’IVG)
  • militant (des activistes pro-life font le siège de centres IVG et interpellent vivement les femmes qui s’y rendent)

La question de l’avortement reste donc un marqueur fort de la vie politique américaine, avec une dichotomie marquée (mais pas totale) entre les démocrates (souvent, mais pas systématiquement, pro-choice) et les républicains (souvent, mais pas systématiquement, pro-life).

 

Section II, Chapitre 6 – Le duel Trump-Clinton – septembre 2016

 

(…) Du côté de Clinton, la quinzaine a été marquée par une longue descente aux enfers liée à la question de sa santé. Depuis plusieurs semaines déjà la sociosphère ultra-conservatrice bruissait de rumeurs sur la constitution physique de la démocrate, des rumeurs généralement fallacieuses et sans fondements, mais qu’une série d’événements rapprochés va soudain accréditer.

Tout commence le 2 septembre, avec, dans le cadre de l’affaire des emails, la parution de notes d’enquêtes du FBI évoquant la formation d’un caillot sanguin dans le crâne de Clinton en 2012 suite à une commotion cérébrale (ce qui était connu), mais aussi (ce qui ne l’était pas) des pertes de mémoire qui s’en étaient suivies … L’info fait mauvais genre, mais n’est encore qu’un apéritif. L’entrée est servie trois jours plus tard, lors d’un discours dans l’Ohio au cours duquel Clinton est prise d’une quinte de toux qui s’éternise deux bonnes minutes. Si elle en profite pour lâcher une blagounette sur les crises d’allergie que Trump provoque chez elle, l’incident fait surtout le délice de ses détracteurs, lesquels entrent en transe six jours plus tard quand, au cours de la commémoration du 11 septembre qui se tient à Ground Zero, leur cible favorite est victime d’un malaise qui la contraint à s’éclipser. Le verdict tombe quelques heures plus tard : la candidate souffre d’une pneumonie et suspend sa campagne pendant au moins deux jours. Cette affection lui avait en fait été diagnostiquée deux jours plus tôt, mais l’information a été tenue secrète pour ne pas faire de vagues, ce qui, au vu du déroulé des événements, est plutôt raté et renforce les interrogations tant sur la santé de Clinton que sur son manque de transparence et sa manie de jouer avec la vérité.

 

Section II, Chapitre 6 – Le duel Trump-Clinton – 1er débat

 

(…) Sur le Moyen Orient, Trump affirme que Obama et Clinton ont créé un vide en Irak et que celui-ci a permis l’ascension de Daech. Puis, il évoque la Libye et déclare qu’il s’agit d’un désastre. Aussitôt Clinton fait diversion : « J’espère que les fact-checkers montent le son et travaillent dur : Donald a défendu l’invasion de l’Irak ». « Faux » s’emporte le républicain. « C’est absolument … »  « … prouvé et prouvé » le coupe Clinton. « Faux ! ». Trump détaille ensuite ses reproches sur l’OTAN et accuse à nouveau Clinton d’avoir laissé prospérer Daech, mais le modérateur Lester Holt le contraint de revenir sur l’Irak.

– Holt : Monsieur Trump, vous avez soutenu la guerre en Irak avant l’invasion. Qu’est-ce qui vous fait …

– Trump : Je n’ai pas soutenu la guerre en Irak.

– Holt : En 2002 …

– Trump : C’est une absurdité médiatique véhiculée par elle (Clinton). J’étais contre la guerre en Irak.

– Holt : Les comptes-rendus d’archives indiquent autre chose …

– Trump : Ils n’indiquent pas ça. Les archives indiquent que j’ai raison.

S’en suit une longue tirade de Trump. Lester Holt tente de poser une question, Trump déclare « Vous n’avez pas écouté ce que j’ai dit » et Holt parvient enfin à lui demander pourquoi il pense que son jugement est meilleur que celui de Clinton. Pour Trump, c’est clair : sa plus grande qualité est d’avoir un tempérament de vainqueur, il sait comment gagner, elle pas. Clinton se marre et, lorsqu’elle récupère la parole, elle tire à nouveau à boulets rouges sur les plans de son adversaire concernant l’OTAN et les pays alliés (Japon, Corée du Sud, Arabie saoudite) qu’il voudrait voir s’équiper de la bombe atomique. « Faux. Ce sont des mensonges » l’interrompt le milliardaire, qui critique ensuite l’accord nucléaire qui a été conclu avec l’Iran.

 

 

 

Les Lauriers de la Colère (octobre 2017) – 404 pages – Format : 15,2 cm x 22,9 cm – 24,50 euros

Acheter Les Lauriers de la Colère via Internet

 

Parutions récentes